Anosmie, en quête d’un sens.

Pour beaucoup ce mot qui vient du grec anosmos (sans odeur) ne correspond à aucune réalité ou à aucune définition connue. Or pour ceux qui souffrent de cette pathologie au jour le jour, elle change tout. Qu’elle soit apparue de naissance ou à la suite d’un traumatisme crânien ou encore d’une sinusite, la sentence est la même à savoir la disparition totale ou partielle du sens de l’odorat et dans la majorité des cas du goût également. Ce qui reste étant uniquement les saveurs sucrées, salées , amères et acides. Au quotidien des précautions sont nécessaires : se laver extrêmement souvent pour éviter toute trace d’odeurs corporelles, se faire aider dans le choix de ses parfums et autres déodorants, éviter autant que faire se peut la cuisine au gaz sous peine d’accident domestique. A cela s’ajoute l’impossibilité de sentir son enfant, son compagnon. Se faisant les troubles du désir sexuel sont fréquents car odeur et sexe sont intimement liés. Alors pour éviter toute incrédulité ou rejet de la part de nos contemporains il n’est pas rare que nous autres anosmiques nous privilégions le secret au risque de dire des énormités concernant les effluves potentielles d’une fleur X ou Y, ou encore en ventant l’odeur exquise d’un parfum de renommée mondiale. En sus, la nourriture source de gourmandise ne présente plus aucun attrait. Imaginez que les plats en sauce qui font le ravissement des petits et des grands n’aient plus aucun goût. Ce qui compte c’est la consistance des aliments, leur texture, leurs couleurs afin de palier à un manque évident de saveur. Chaque sandwich jambon-beurre devient ainsi une torture gustative. Ce qui prédomine c’est cet aspect gras, huileux, dégoulinant. La moindre glace se mue en une sorte de sucre liquide fondant à température ambiante. En somme nous sommes des ovnis auprès des biens portant sauf que notre mal est invisible souvent inimaginable et souvent oublié par ceux à qui il aurait été divulgué.

maxguevara

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