BATTLE « GEORGE DANDIN vs MONSIEUR DE LA DANDINIERE »

La Mission Locale de L’Orléanais est partenaire de l’association Cultures du Coeur, dont l’objet est l’accès à la culture, aux sports et aux loisirs. Cultures du Coeur permet notamment à des jeunes de la Mission Locale d’assister à des manifestations sportives, des séances de cinema ou des représentation de spéctacle vivant. Voici le récit d’une sortie au théâtre et quelques critiques de la représentation faites par les jeunes en atelier.

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Avec Cultures du Cœur, 7 jeunes ont pu assister pour la quasi-totalité d’entre eux pour la 1ère fois à une représentation théâtrale d’un classique revisité de Molière. La  majorité d’entre eux a été emballée, d’autres ont une impression plus mitigée, une jeune n’a pas apprécié car elle n’a pas réussi à entrer dans l’histoire.
Puis avec Manon, écrivain public, les jeunes se sont essayés au jeu de la critique.

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Dans le but d’élever sa condition sociale, George Dandin, riche paysan, épouse Angélique, fille d’une famille aristocrate désargentée. Mais celle-ci méprise l’éducation paysanne de son mari et se laisse courtiser par le jeune Clitandre.

Cette satire sociale écrite par Molière pour se moquer des vanités humaines est reprise par François Rodinson qui la transpose à notre époque sur un plateau de télévision. Toujours d’actualité, elle critique notre société et les illusions alimentées par la télévision. Elle dénonce les procédés télévisuels : infantilisation, sexisme, exaltation du pouvoir et de l’argent.

Le metteur en scène a gardé pour sa pièce la même intrigue que Molière, ainsi que les personnages, caricatures de comportements actuels. Des parenthèses musicales et chantées marquent les temps forts de l’histoire. 

La pièce a duré plus de 2h et a laissé des impressions contrastées au sein de notre groupe.

Après un début très dynamique, le rythme est cassé : la liaison ne se fait pas bien entre la présentation des personnages sur le plateau télé et le passage dans leur vie réelle. La pièce comporte quelques longueurs et progresse à un rythme irrégulier.

L’impression laissée par la pièce est un assemblage de saynettes parfois sans lien de compréhension entre elles. Par exemple, le reportage dans une poissonnerie, réalisé par une starlette de la télé-réalité et diffusé en plein milieu d’un échange houleux entre George Dandin entre sa belle-mère, est-il une dénonciation de la vacuité de la télé-réalité ou une illustration loupée du contraste entre le dialogue suranné et désuet des protagonistes et le discours « poissonnier » de la télé-réalité ?

L’intention du metteur en scène n’est pas toujours claire.  Régulièrement durant la pièce, le spectateur se demande  s’il y a un message à comprendre (et quel sens lui donner car il peut y en avoir plusieurs ?) ou bien si le metteur en scène a voulu faire un effet pas toujours bien maîtrisé.

La scène où George Dandin se fait battre par tous les autres protagonistes – comme Polichinelle, mais avec une batte de base-ball et notamment par l’agent de sécurité, renvoie au spectateur une très forte violence, en rupture avec le reste de la pièce, car elle rappelle des faits divers de violence.

Il en va de même pour la chanson  «Les mots bleus » de Christophe qui intervient à un moment où on ne sait pas et on ne peut pas comprendre s’il y a un lien charnel mais encore platonique entre Clitandre et Angélique. Par ailleurs, le choix de cette chanson ne parait pas pertinent un public majoritairement jeune.

Il est dommage que le metteur en scène n’a pas joué avec les lumières pour valoriser certains jeux d’acteurs, la lumière n’a servi qu’à éclairer la scène. Le choix des costumes n’a pas permis de saisir s’il servait de clé de compréhension du décalage époque actuelle – époque de Molière.

MALGRE TOUT, malgré ces erreurs (imputables à un manque de temps de conception et de répétitions ??), la pièce a été comprise dans son ensemble, le message de Molière a été entendu : il est toujours d’actualité.

La présence de la caméra dans les rapports humains laisse un arrière-goût malsain de voyeurisme, parce qu’elle n’est plus utilisée comme un outil de communication, mais comme une intrusion dans la sphère privée et intime qui ne devrait pas être rendue publique.

C’est une erreur d’essayer d’élever sa condition à n’importe quel prix. On peut réussir dans la télé-réalité en passant pour un idiot, pour un dragueur, pour une personne sans scrupule et vénale, un opportuniste, une femme-objet. Mais la chute est coûteuse : on perd son amour-propre, ses valeurs, son identité.

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